UN BIEN MIXTE
NATUREL ET CULTUREL

Les critères retenus pour cette candidature

Trois des dix critères imposés par l’UNESCO pour faire figurer un site sur la liste du Patrimoine mondial ont été retenus pour la candidature du Pays de l’Étang de Berre :

• Critère 2 :
Témoigner d'un échange d'influences considérables pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages.

Berceau mondial de la domestication animale et haut-lieu préhistorique de l’exploitation maîtrisée des ressources naturelles, vivantes ou minérales, le pays de l’Étang de Berre est occupé par l’homme depuis au moins douze millénaires. A ce titre, il présente des témoignages inestimables sur l’origine des sociétés européennes et méditerranéennes. Ainsi, les abris sous roche situés sur la commune d’Istres (sites de Capeau, Cornille, Cornille II et vallon de Sulauze) témoignent de la présence, autour de l’Etang de Berre, de chasseurs-pêcheurs-cueilleurs dès la fin du Magdalénien, au Paléolithique supérieur il y a plus de 10 000 ans. Ces sites attestent, chez les chasseurs d’antilopes saïga et de petits équidés Equus hydruntinus, de savoir-faire très perfectionnés en matière de connaissance et d’exploitation des ressources naturelles, et d’une maîtrise technique et manuelle très avancée, comme le prouvent les nombreux outils en pierre taillée livrés par les sites.

Sur la commune de Châteauneuf-les-Martigues, l’abri sous roche de la Font-aux-Pigeons, daté de 9000 ans environ, revêt une importance internationale. Site éponyme, il a donné son nom à une tradition technique (ou faciès culturel), le Castelnovien, qui se caractérise par un mode de débitage de lames en silex standardisées. Il constitue l’une des preuves les plus anciennes, au niveau mondial, de la domestication par les hommes d’une espèce animale sauvage, ici la chèvre et le mouton. Il est à souligner que les descendantes de ces premières chèvres domestiquées par les riverains préhistoriques de l’Etang de Berre vivent toujours, à l’état semi-sauvage, sur les communes du Rove et de Châteauneuf-les-Martigues, témoignant d’une très longue permanence culturelle de la tradition agro-pastorale sur les pourtours de l’étang.

Ainsi, ce site inestimable témoigne de manière très précoce de la transition, à l’œuvre dans tout le bassin méditerranéen, de l’économie paléolithique (basée sur la chasse, la pêche et la cueillette) à l’économie néolithique reposant sur l’agriculture et l’élevage. De plus, le site de la Font-aux-Pigeons montre une grande capacité d’adaptation des sociétés locales aux changements environnementaux. Tout d’abord, en diversifiant leurs sources de nourriture à partir de la domestication des caprins, tout en persistant dans la chasse et la pêche de la faune sauvage, puis en adaptant leurs techniques de pêche à l’invasion de l’eau de mer dans l’étang il y a 6000 ans, entraînant une modification des espèces, d’eau douce à eau salée.

Au Néolithique, dès 6 000 avant J.C., les hommes réalisent des bracelets et des colliers à partir de coquillages perforés. Ils créent également des poteries qu'ils décorent grâce à un coquillage, "le cardium", donnant le nom à une culture originale (ou éponyme) désignée par les archéologues sous le terme de « cardial ».

• Critère 5 :
Être un exemple éminent d'établissement humain traditionnel, de l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d'une culture (ou de cultures), ou de l'interaction humaine avec l'environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l'impact d'une mutation irréversible.

L’adaptation des sociétés humaines de l’Etang de Berre à des conditions environnementales particulières, comme la présence d’un chenal de communication entre mer et lagune, les a conduits au fil des siècles à mettre en œuvre des pratiques traditionnelles d’exploitation du milieu aquatique, depuis les harpons en silex à barbelure de la préhistoire jusqu’aux techniques d’aquaculture originales développées sur les bords de l’étang au XVIIIe et XIXe siècle. C’est le cas des « bourdigues », ensemble de parcs sous-marins en roseau destinés à piéger le poisson, ou des « calens » à bras puis à moteur, filets tendus en travers du chenal et actionnés au moyen de treuils. Autant de pratiques culturelles marquant un profond enracinement des innovations techniques et culturelles sur les pourtours de l’étang, et qui peut être étendu aux pratiques agricoles terrestres : cultures méditerranéennes typiques en terrasses et emploi de restanques (murets de soutènement en pierres sèches), forage de puits très anciens.

A l’âge du fer, en 600 avant J.C., l’exploitation du sel en salines est attestée sur le site de Saint-Blaise, sur la commune de Saint-Mitre-les-Remparts, attestant d’une maîtrise technologique et d’une interaction avec le milieu, qui commence également à avoir un impact sur le paysage.

Dès l’Antiquité, les hommes exploitent la pierre du massif de la Nerthe, pour les besoins de construction de la cité phocéenne de Marseille (dès 600 avant J.C.), attestant d’échanges entre ces deux zones.

• Critère 9 :
Être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l'évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d'animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins.

À l’échelle millénaire, l’envahissement de la lagune d’eau douce par les eaux salées de la Méditerranée, il y a 6000 ans, constitue un exemple éminent de l’évolution d’un paysage naturel, et d’une adaptation des biotopes à ce changement majeur de l’environnement. A la période historique, la reconquête par la forêt mixte suite à la déprise agricole témoigne de processus biologiques et écologiques de récupération, entraînant le retour d’espèces végétales et animales (terrestres et aquacoles) rares et endémiques.

Des biens sont considérés comme « patrimoine mixte culturel et naturel » s’ils répondent à une partie ou à l’ensemble des définitions du patrimoine culturel et naturel figurant aux articles 1 et 2 de la Convention. Le patrimoine culturel et le patrimoine naturel sont définis aux articles 1 et 2 de la Convention du patrimoine mondial.

Article 1 - Aux fins de la présente Convention sont considérés comme « patrimoine culturel » :
- les monuments : œuvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, éléments ou structures de caractère archéologique, inscriptions, grottes et groupes d’éléments, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science,
- les ensembles : groupes de constructions isolées ou réunies, qui, en raison de leur architecture, de leur unité, ou de leur intégration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science,
- les sites : œuvres de l’homme ou œuvres conjuguées de l’homme et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites archéologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique.

Article 2 - Aux fins de la présente Convention sont considérés comme «patrimoine naturel» :
- les monuments naturels constitués par des formations physiques et biologiques ou par des groupes de telles formations qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue esthétique ou scientifique,
- les formations géologiques et physiographiques et les zones strictement délimitées constituant l’habitat d’espèces animales et végétales menacées, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation,
- les sites naturels ou les zones naturelles strictement délimitées, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science, de la conservation ou de la beauté naturelle.

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Les actualités

La candidature

Les étapes

Suivez au fil du temps les étapes du projet d'inscription à l'UNESCO.

Qu'est-ce-que c'est ?

L'idée qui a donné naissance à la Convention du Patrimoine Mondial de l'UNESCO est que certains biens sont inestimables et irremplaçables au regard du patrimoine culturel et naturel de l’humanité.

Les critères

Pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial, les sites doivent avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection.